Rapport annuel de la présidence 2009-2010

Les années se suivent mais ne se ressemblent pas ! Les rapports des deux exercices précédents évoquaient en effet évènements exceptionnels ou année record. Allusions étaient faites à l’arrivée de l’IRM pour la Faculté de médecine, à la création du Brain & Behaviour Laboratory (=BBL) ou encore à notre très substantielle participation aux évènements du 450e. Cette année, rien de semblable puisque les travaux de la Société académiques se sont concentrés sur les examens des différentes requêtes et sur l’attribution des subsides. Il serait fastidieux d’énumérer les nombreux projets qui ont été acceptés par le Comité, la lecture du bulletin donnant une bonne idée de la diversité des matières, relevant de pratiquement toutes les facultés.

Après les grandes réalisations, ce dernier exercice fut plutôt celui d’une année de questionnement, de réflexion et de transition. Quels nouveaux projets importants aborder pour apporter une aide efficace à l’Université, à ses enseignants et à ses chercheurs, sans pour autant s’éloigner trop des règles qui gouvernent notre Société ? Devant l’enthousiasme des uns pour un élargissement de nos attributions et la réserve des autres, respectueux à la lettre des statuts, un équilibre et un consensus sont à trouver et une petite pause arrive au bon moment. Donc, année de transition avant le changement de présidence, période peu propice au lancement de projets de longue haleine ou de coût très élevé. Les fluctuations et les incertitudes de la bourse incitent également plus à la prudence et à la modération qu’à un enthousiasme novateur, pourtant très stimulant et motivant. Ces remarques ne reflètent en rien une baisse de régime de nos activités et, sans dévoiler l’avenir, il est certain que des idées nouvelles sont en fermentation dans les cerveaux du futur Comité.

Malgré cette prudente sagesse, il fut cependant décidé de participer à la reprise du cycle des grandes conférences de l’Université, mis sur pied par le rectorat à l’occasion du 450e. L’immense succès de ces manifestations a incité les instances universitaires à prolonger ce programme dès le début 2011 et la Société académique a décidé de financer la première conférence de ce second cycle. Le thème n’en est pas encore connu; elle aura probablement lieu en mars.

 

Fonds Marc Pictet

Au tout début de cette année, nous prenions connaissance avec beaucoup de tristesse du décès de Monsieur Jean-Michel Pictet. Grand ami des sciences, de l’Université et de la Société académique, il avait créé, par une généreuse donation, le Fonds Histoire et Philosophie des Sciences. En mars, c’est avec émotion et reconnaissance que nous apprenions que Jean-Michel Pictet et son épouse avaient fait un nouveau legs pour ce même fonds, devenu entre temps le Fonds Marc Pictet. En 1989, Jean-Michel Pictet avait également créé le Fonds et la Médaille Marc-Auguste Pictet, sous l’égide de la Société de Physique et d’Histoire naturelle (SPHN), dont ce grand savant fut l’un des fondateurs en 1790.

Nous espérons voir prochainement, parmi les requêtes reçues, de bons projets dans ce domaine qui nous est cher et nous exprimons à nouveau toute notre profonde reconnaissance à Madame Monique Pictet.

Jardin alpin de La Linnaea

Après les manifestations de son 120ème anniversaire, rappelées dans le rapport précédent, La Linnaea fut de nouveau à la fête, au mois de juin, pour la réunion des parrains, organisée tous les deux ans par Jaques Naef, son président. Par une radieuse journée, ce fut l’occasion non seulement de déguster une délicieuse et traditionnelle raclette, mais aussi et surtout d’admirer à nouveau la beauté et la richesse de ce jardin, son parfait entretien et une nouvelle création de rocaille, travail réalisé par la très efficace et sympathique équipe du Jardin Botanique de Genève. Une fois de plus, un grand merci à tous ceux qui œuvrent à Genève et en Valais pour le maintien, l’entretien et le rayonnement de ce petit joyau.

Travaux en cours

Sept années de présidence, c’est à la fois beaucoup…et très court ! Trop court, c’est certain, car la réalisation intégrale de toutes les bonnes intentions et des projets n’est pas tout à fait parvenue à terme, le temps consacré à cette charge étant certes non négligeable, mais très partiel. La transformation complète et la modernisation de l’ancienne salle de réunion mise à notre disposition par la Ville de Genève, fut l’occasion de faire resurgir des sombres caves et des armoires branlantes une impressionnante quantité de documents poussiéreux constituant les archives de la Société académique. Ces papiers firent l’objet d’un tri méticuleux, poubelle pour les uns, classement et mise en évidence pour les autres. Lettres manuscrites, rapports, règlements, procès-verbaux, contrats, coupures de journaux sont ainsi classés dans la nouvelle bibliothèque de la salle de conférence, à disposition des curieux, des amateurs d’histoire et de tous ceux qui œuvrent pour soutenir la recherche et l’enseignement à l’Université. Ce travail réalisé (à petite dose mais pendant longtemps…) avec Caroline Baltzinger, administratrice devenue archiviste, devrait être finalisé ces prochaines semaines.

De tout temps, la Société académique a participé au financement de diverses publications, telles que thèses, ouvrages savants, livres d’art, abstracts de colloques ou de congrès. Pendant de nombreuses années, les exemplaires donnés à la Société académique furent tous remis aux bibliothèques de l’Université, probablement par manque de place. En raison du goût prononcé de l’auteur de ce rapport pour le livre, l’écrit ou le papier en général, il fut décidé de conserver désormais un exemplaire de chaque publication sponsorisée par notre Société. Les ouvrages remplissent actuellement plusieurs mètres de rayonnages et constituent ainsi un élément de notre histoire et un témoin consultable de nos activités. De plus, ces livres font actuellement l’objet de la rédaction d’un catalogue…par notre archiviste devenue bibliothécaire. L’avenir confirmera ou infirmera l’intérêt de cette décision.

A plusieurs reprises, la nécessité d’un contrôle plus stricte du devenir de nos subsides fut à l’ordre du jour. L’argent attribué est-il toujours utilisé pour l’achat de l’appareil décrit et demandé ? La participation à un congrès fut-elle vraiment réalisée ? L’ouvrage prévu a-t-il été publié ? Le jeune chercheur a-t-il bien présenté son poster ? Certaines institutions semblables à la nôtre ont mis sur pied un protocole de contrôle très efficace mais relativement lourd. Pour la Société académique, un tel système nécessiterait un renforcement de l’administration. Le jeu n’en vaut probablement pas la chandelle et la confiance devrait l’emporter sur la méfiance ! Un contrôle ponctuel et une preuve en retour de la bonne utilisation de la somme attribuée pourraient toutefois être envisagés, sans trop alourdir le travail administratif. Une réflexion dans ce sens est encore à l’ordre du jour.

Comité

Comme chaque année, une partie du Comité accepte un nouveau mandat. Il s’agit de Jaques Naef, Klaus Scherer et Pierre Buri (Président démissionnaire mais restant au Comité). Leur renouvellement est donc soumis à votre approbation.

Roger Mayou, confronté à une augmentation de ses charges au sein du Musée qu’il dirige, a souhaité donner sa démission du Comité, non par crainte d’un surcroît de travail, mais de peur de ne pouvoir répondre présent à chaque réunion ou consultation, par manque de disponibilité. Avec sa parfaite connaissance du fonctionnement de la machine universitaire, il a beaucoup apporté à ce Comité qui regrette profondément sa décision. Qu’il soit remercié de tout son travail, de ses conseils, de ses suggestions. Sa succession sera discutée lors d’une prochaine réunion.

Le dernier rapport annonçait déjà un changement de présidence prévu pour cette assemblée générale. C’est donc le professeur Jean-Michel Dayer qui a accepté de reprendre cette fonction. Membre du Comité depuis de nombreuses années, il n’est pas nécessaire de le présenter. Professeur honoraire de notre Université où il fut médecin-chef de la division d’immunologie et d’allergologie, il a été nommé professeur à l’Université de Padoue, nouvelle lourde charge pour ce dynamique et très actif soit disant retraité. Qu’il soit donc d’autant plus vivement remercié d’avoir accepté cette présidence, pour laquelle nous lui souhaitons autant de plaisir et d’intérêt que le soussigné en a éprouvé pendant ces sept très belles années.

Remerciements

C’est avec une certaine émotion que le signataire de ce 122ème rapport rédige pour la dernière fois ces lignes de remerciements. C’est l’occasion pour lui de dire à tous les membres de la Société académique le très grand plaisir que lui a procuré cette fonction. C’est aux membres du Comité, chaleureusement remerciés pour leur disponibilité, leur grand et régulier travail de rapporteurs, leurs idées créatives, leur confiance et, avant tout peut-être, leur chaleureuse et généreuse amitié, que cette activité ne fut que plaisir et intérêt. Merci à eux tous, membres actuels ou anciens du Comité de la Société académique de Genève, avec un clin d’œil particulier à Renaud Gagnebin, trésorier parfait, complice discret, ami plein d’humour et conseiller efficace pendant toutes ces années.

Il est évident que ces propos destinés au Comité s’adressent également à l’administratrice de la Société, Caroline Baltzinger. Grâce à son efficacité, à son esprit d’initiative et à la réalisation de très nombreuses tâches souvent fastidieuses ou difficiles (l’extraction des caves de la BPU, le dépoussiérage, le tri et le classement des archives ne fut pas les moindres…), la bonne marche des affaires fut parfaitement assurée, avec un président déchargé de moult soucis ou préoccupations d’ordre administratif ou technique. Non seulement un très grand merci à Caroline, comme chaque année, mais aussi une profonde reconnaissance !

Enfin un dernier souhait: que le Comité actuel, sous l’impulsion de son nouveau président, apporte à la Société académique des idées fraîches et novatrices, afin de renforcer encore notre appui à la recherche et à l’enseignement universitaire genevois, ainsi qu’au rayonnement de notre Alma Mater.

Pierre Buri